Portrait d’espoir : D’Artagnan Joly

Par Louis-William Gagné

Maintenant âgé de 17 ans, D’Artagnan Joly en est à une année charnière de sa carrière. Éligible au repêchage 2017 de la LNH, le jeune attaquant du Drakkar de Baie-Comeau est en mission cette saison et semble se diriger dans le droit chemin.

Il n’y a pas si longtemps encore, Joly poursuivait son parcours de hockeyeur dans sa ville natale. En effet, le Gatinois a joué Bantam AAA et Midget AAA en Outaouais avant d’être repêché par les Olympiques en 2015 (2e ronde, 35e au total). À l’automne 2015, n’ayant pu percer l’alignement des Olympiques au camp d’entraînement, il s’était aligné pour une deuxième saison consécutive avec l’Intrépide. Connaissant de forts moments dans le Midget AAA (23 buts et 20 aides en 33 parties), l’ailier droit a fait ses premiers pas dans la LHJMQ au cours de l’hiver. Après n’avoir disputé que 3 matchs avec les Olympiques, il fut impliqué dans la transaction qui a fait passer Nicolas Meloche de Baie-Comeau à Gatineau. Cependant, malgré sa mince expérience dans le circuit Courteau, il était conscient de l’importance qu’il aurait pour le futur de la formation nord-côtière.

Ayant connu des débuts plutôt modestes avec le Drakkar la saison dernière (1 but et 7 aides, -18, en 35 parties), Joly n’était cependant pas le joueur le plus utilisé de l’équipe étant donné qu’on ne voulait pas lui mettre trop de pression sur les épaules. À l’approche de la présente saison, il était néanmoins vu comme l’un des éléments clés de l’équipe en offensive. Malheureusement, Joly n’a pas connu le début de campagne escompté, amassant 1 but, 5 aides et une fiche de -8 à ses 13 premières parties.

Alors que les résultats ne semblaient pas se présenter, le grand attaquant a débloqué en amassant 11 buts et 12 aides à ses 26 derniers duels. Cette récolte de près d’un point par match depuis le mois de novembre lui a donc permis de relancer une saison qui s’annonçait décevante.

Analyse du talent

Sur le plan offensif, Joly possède un véritable arsenal de qualités. Bien qu’il n’est pas le plus explosif, son patinage reste relativement rapide et fluide. De plus, lorsqu’en possession de rondelle, il est en mesure de faire des dommages grâce à un très bon lancer des poignets et à une bonne vision de jeu. Celle-ci lui permet d’exécuter des passes rapides et précises, particulièrement en zone offensive. Finalement, son taux de réussite en fusillade tend à démontrer qu’il possède de bonnes mains.

Bien qu’il ne soit pas du type « physique », il sait utiliser ses 6’3’’ à bon escient. En effet, on le voit régulièrement utiliser sa longue portée en échec avant afin de couper des passes et  de provoquer des revirements. Malgré qu’il n’est pas inébranlable sur patins, il aime garder un grand espace entre ses jambes afin de conserver son équilibre, surtout lorsqu’il manie le disque.

Concernant la robustesse et l’implication physique, disons simplement qu’il ne se fera pas remarquer par cette caractéristique. Sa stature l’aide à se débrouiller dans cet aspect, mais il ne multiplie pas les coups d’épaule. Néanmoins, Joly n’hésite pas à s’avancer très près du gardien adverse afin de saisir les retours de lancers et il ne reste pas trop en périphérie. Ce dernier point sera d’ailleurs un atout important à conserver s’il désire percer dans les rangs professionnels.

Toutefois, la principale ombre à son tableau est la constance. Lorsque l’on prend connaissance de sa fiche personnelle, on remarque que le Gatinois fonctionne beaucoup par séquences et qu’il peut être invisible lors de certaines parties. D’ailleurs, son entraîneur-chef Martin Bernard avait mentionné en début de saison que cet aspect sera l’éternel combat qu’il devra mener avec lui-même. À ce propos, c’est surtout au chapitre de la prise de décision que l’on peut voir certains défauts, et ce, dans chacune des zones. On aimerait le voir s’améliorer en défensive et peut-être prendre plus de lancers de qualité. Pour un joueur à caractère offensif, une moyenne de 2,3 tirs par match est plutôt maigre.

Comparatif

Bien qu’il s’agisse d’un avis très personnel, le Suédois André Burakovsky pourrait être une belle comparaison. Misant sur un gabarit très semblable à celui de Joly, on lui reconnaît de belles qualités concernant le patinage, l’agilité, le maniement de la rondelle et le lancer. Également, on peut voir les mêmes défis à relever, soit la constance, le jeu défensif ainsi que l’ajout d’un peu de poids et de puissance.

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