Portrait d’espoir : Matthew Strome

 Crédit photo : Terry Wilson/OHL Images

Par Pierre-Émile Claveau

Encore cette année, un autre frère Strome entendra son nom être prononcé lors des prochaines assises de la LNH qui se tiendront au United Center à Chicago. Après Ryan et Dylan, c’est au tour de Matthew d’être sélectionné par une équipe du circuit Bettman. De grandes chaussures à chausser pour le benjamin de la famille Strome.

Ses frères ayant été repêchés respectivement 5e et 3e au repêchage de 2011 et de 2015, il est peu probable de voir un autre Strome sortir parmi les cinq premiers hockeyeurs cette année. Mais nul ne doute que Matthew sera bien entouré quand le jour J viendra. Si ces frères ont fait leur nom par l’intermédiaire de leur style de fabricant de jeu, ce n’est pas le cas le plus jeune frère. Avec ses 6’3’’ et 201 livres, l’attaquant de puissance a fait son nom à l’aide de son jeu physique dans la OHL.

Maintenant à sa seconde campagne avec les Bulldogs de Hamilton, ce grand gaillard doit composer avec des responsabilités accrues sur la patinoire ainsi qu’à l’extérieur de celle-ci, lui qui s’est vu attribuer la lettre « A » sur son chandail. Toutefois, Matthew n’en est pas à son premier rôle de meneur. En 2014-2015, il a conduit sa formation aux grands honneurs remportant la OHL Cup, trophée prestigieux du hockey midget AAA en Ontario alors qu’il était le capitaine du Marlboros de Toronto. C’est d’ailleurs lui qui a compté le but victorieux en prolongation face aux Flyers de Don Mills, ce qui a permis un deuxième sacre consécutif à la formation torontoise.

Sur la scène internationale, Matthew Strome a représenté le Canada à deux reprises. En 2015-2016, il a endossé l’Unifolié pour la première fois lors du championnat mondial des moins de 17 ans en Colombie-Britannique. À l’époque, il avait connu un tournoi à l’image de sa formation, c’est-à-dire assez difficile. En effet, Strome avait conclu le tournoi avec aucun point et il avait eu de la difficulté à s’imposer avec son physique. À sa deuxième apparition avec le Canada, cette fois-ci au tournoi Ivan Hlinka, l’histoire se répète pour l’attaquant format géant des Bulldogs. Il a conclu son tournoi avec une maigre récolte d’un but.

Analyse du talent 

Grand et fort physiquement, Strome a le gabarit à faire peur à plusieurs adversaires. Sa stature est à faire rêver plusieurs équipes de la LNH qui recherchent grandement cet aspect pour grossir leur formation. L’attaquant de 18 ans n’hésite pas à utiliser son physique à son avantage lors des batailles près des bandes. D’ailleurs, cela permet à son entraîneur-chef de l’utiliser en avantage numérique puisqu’il récupère bien les rondelles derrière le filet et aussi puisqu’il n’hésite pas à mettre le nez dans le trafic. Un élément primordial qui pourrait devenir un jour sa marque de commerce.

De plus, si c’est ses aptitudes physiques ne font aucun doute, son jeu défensif est également à point. Soucieux et conscient de cet aspect, il excelle sur 200 pieds. L’athlète canadien mettra rarement un coéquipier dans l’embarras. Responsable défensivement, il utilise très bien son bâton afin de soutirer la rondelle à son adversaire, mais sa transition reste à peaufiner. À quelques occasions, Strome réagit légèrement lentement entre l’attaque et la défensive. Comme de nombreux joueurs qui favorisent leur jeu défensif, Strome possède un QI élevé, ce qui en fait un patineur dangereux sur la glace.

Toutefois, son coup de patin est tout à fait lamentable. Il devra travailler grandement sur cet aspect pour accéder à la grande ligue. Si plusieurs recruteurs se sont questionnés sur le coup de patin de son frère Dylan à son année de repêchage, Matthew est sans aucun doute le pire patineur de la famille. À plusieurs reprises, le gaillard des Bulldogs a mal paru face à d’autres joueurs. Plusieurs recruteurs se questionnent à savoir si son coup de patin va l’empêcher d’atteindre son rêve de jouer dans la LNH.

Certes, comme ses deux frangins, ses habiletés de passeurs sont indéniables. Il distribue très bien la rondelle à ses coéquipiers, spécialement avec l’avantage d’un homme. Ayant un bon lancer, le natif de Mississauga est grandement critiqué sur le fait qu’il priorise la passe bien souvent. L’ailier gauche a un lancer du poignet puissant qu’il doit mieux utiliser.

Forces 

  • Jeu physique
  • Responsabilité défensive
  • QI
  • Excellent passeur
  • Positionnement
  • Bon tir

Faiblesses :

  • Coup de patin
  • Transition attaque/défense
  • Utiliser plus souvent son tir

Comparaison 

À 16 ans, plusieurs recruteurs et amateurs comparaient Matthew à son frère Dylan, en raison de leur taille, leur gabarit, leur coup de patin déficient et également leur habileté de passeur. Par contre, le benjamin s’est plutôt approprié le style d’attaquant de puissance. Grâce à leur jeu physique, leur habileté de fabricant de jeu, à leur aptitude à remplir le filet et de leur jeu défensif à point, Matthew Strome exerce un style de jeu qui s’apparente à celui du capitaine des Ducks d’Anaheim Ryan Getzlaf ou à l’attaquant des Bruins, David Backes. Toutefois, Strome a un potentiel inférieur à celui des deux joueurs en question.

Si Matthew Strome souhaite un jour percer la LNH, il devra travailler grandement sur son coup de patin. Avec des habiletés de patineur simplement au niveau de la moyenne, le benjamin Strome pourrait devenir un excellent joueur de deuxième ou troisième trio. À Chicago, l’ailier gauche devrait trouver preneur entre la fin de la première ronde et le début de la seconde.

Dans le classement mi-saison de Tout est Espoir, Matthew Strome se retrouve au 24e échelon. Une baisse peut être à prévoir dans son cas.

2 réflexions au sujet de « Portrait d’espoir : Matthew Strome »

  1. Juste pour rectifique quelque chose, le Canada et Matthew Strome n’ont pas remporté l’or au Ivan Hlinka cet été…

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