Portrait d’espoir : Nick Suzuki

Crédit photo : The Bloggers’ Tribune

Par Pierre-Émile Claveau

L’élimination de l’Attack d’Owen Sound lors du troisième tour éliminatoire a marqué la fin d’une excellente saison pour Nicholas Suzuki. Malgré une campagne marquée d’une belle courbe de progression, l’attaquant est descendu sur les listes de nombreux dépisteurs de la LNH. Tout de même, l’Ontarien reste un bel espoir pour le prochain encan du circuit Bettman dans le Madhouse à Chicago.  

Sa première saison chez les juniors n’a possiblement pas été celle espérée. Le jeune attaquant a vécu une difficile transition rejoignant une formation en pleine reconstruction. Le petit avant a dû faire face à une toute autre réalité qu’avec son équipe midget AAA, les Knights de London Junior où il était la pierre triangulaire de la concession. Tout de même, Suzuki a su tirer son épingle du jeu récoltant 20 buts et 38 points en 63 parties. À première vue, il s’agit de petits chiffres, mais considérant que le meilleur pointeur de l’équipe a récolté 50 points, 38 points ce n’est pas mal pour une recrue de 16 ans. De plus, Suzuki a terminé la saison au second rang des buteurs de l’Attack, un exploit impressionnant. Ce qui est également surprenant est le fait qu’il a récolté seulement quatre minutes de pénalités. Par contre, la difficile saison d’Owen Sound s’est fait sentir sur son différentiel alors qu’il a terminé sa première campagne à – 15.

À son année de repêchage, l’impact de Suzuki s’est beaucoup plus fait sentir. L’espoir droitier est devenu un élément indispensable à Ryan McGill, son entraîneur. Le joueur de centre s’est retrouvé sur le premier trio en plus d’avoir du temps de jeu en supériorité numérique. Sa production offensive a été nettement supérieure que l’année précédente, à l’instar de ses coéquipiers d’ailleurs. Les points viennent toujours plus facilement quand une équipe performe. En 65 rencontres cette année, Suzuki a récolté 96 points, dont 45 filets. De plus, son différentiel est passé de – 15 à + 51. De plus, l’avant ontarien a récolté seulement cinq pénalités mineures. En séries éliminatoires, il s’est avéré époustouflant notamment en première ronde face aux Rangers de Kitchener où il a récolté 10 points en cinq parties. Il a terminé la danse printanière avec 23 points en 17 rencontres.

Sur la scène internationale, Nick Suzuki a représenté le Canada à deux reprises, soit au Championnat mondial junior des moins de 17 ans ainsi qu’au tournoi Ivan Hlinka Memorial. Il s’est distingué lors des deux évènements internationaux, sans y être dominant. Les dépisteurs s’attendent à ce que les meilleurs ressortent du lot lors des compétitions internationales. Au championnat des moins de 17 ans, il a récolté quatre points en six rencontres tandis qu’au Ivan Hlinka, Suzuki a récolté trois points en quatre rencontres.

Le hockey est bien présent dans le sang de la famille Suzuki. Quatorzième choix de la première ronde en 2015 par l’Attack d’Owen Sound, Nick n’est plus le seul membre de sa famille à représenter une formation du circuit Branch. Son frère Ryan a été le premier nom entendu lors du dernier encan de la Ligue de l’Ontario par les Colts de Barrie. Il sera admissible au repêchage de la LNH en 2019.

Analyse

Sans l’ombre d’un doute, le petit attaquant n’est pas né dans le bon corps selon son style de jeu. Malgré son gabarit de 5’11 et 183 livres, il n’hésite pas à s’imposer physiquement. Travailleur acharné, le natif de London possède une hargne exemplaire. L’Ontarien se démarque grâce à son intensité, spécialement en échec-avant, à son accélération et à sa vitesse, des éléments qui lui servent grandement pour récupérer les rondelles perdues. De plus, Suzuki n’hésite pas à couper vers le filet et payer le prix en s’y installant.

Offensivement, le numéro 38 sait comment faire mal à l’adversaire, que ce soit en possession de rondelle ou sans celle-ci. Des beaux jeux offensifs, vous allez en voir avec Suzuki. Sa vision est sa force principale et il est possible d’ajouter à ça son talent de passeur. Des maux de têtes, les défensives adverses en ont souvent quand Suzuki est sur la glace. Même sans le disque, il trouve une façon d’être dangereux soit en créant de l’espace pour ses coéquipiers ou en s’isolant de son couvreur. Tant son tir que ses passes sont précis et c’est souvent ses coéquipiers qui en tirent avantage. Ses mains rapides et agiles sont utiles pour surprendre ses adversaires ou pour récupérer des retours.

Par la suite, le produit d’Owen Sound possède une excellente éthique de travail qui lui sert dans les trois zones. Le centre se bat avec énergie pour les rondelles en zone neutre ou défensive. Dès qu’il peut créer un revirement, il est rapide dans sa transition et son positionnement l’avantage grandement. Malgré son jeune âge, Suzuki possède des habiletés avancées sur les mises au jeu.

Toutefois, tout n’est pas parfait dans son cas. Pour accéder au prochain niveau, Nick Suzuki devra inévitablement ajouter de la masse musculaire à sa petite charpente. Bien évidemment, d’ici son saut dans le circuit Bettman, il aura pris quelques pouces et quelques livres, ce qui l’aidera à mieux protéger le disque. Malgré qu’il soit un bon patineur, ses enjambées sont à travailler pour améliorer encore plus sa vitesse.

Étant l’un des plus jeunes espoirs du prochain repêchage, il pourrait devenir une excellente prise s’il se développe bien.

Force

  • Accélération
  • Agilité
  • Discipline
  • Échec-avant
  • Éthique de travail
  • Intelligence
  • Mains
  • Passe / Tir
  • Positionnement
  • Vision

 

Faiblesse / À améliorer

  • Équilibre
  • Muscle à sa charpente
  • Protection de rondelle

 

Comparaison : Robby Fabbri – Blues de Saint-Louis

À l’heure actuelle, Suzuki est le dixième meilleur espoir nord-américain selon la Centrale de recrutement de la LNH. Il pourrait entendre son nom entre le quinzième et vingt-cinquième rang à Chicago.

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